Plus de 33 ans après la création de son groupe : Bill Gates quitte Microsoft

EL WATAN 30/06/2008 Plus de 33 ans après la création de son groupe : Bill Gates quitte Microsoft

 

Bill Gates, les larmes aux yeux, a fait ses adieux vendredi dernier aux salariés de Microsoft, le groupe qu’il a fondé avec Paul Allen en 1975 et dont il a fait le numéro un mondial des logiciels. « Il ne se passera pas un jour de ma vie sans que je pense à Microsoft, aux grandes choses que nous faisons et que nous voulons faire », a-t-il dit sous les applaudissements, lors d’un bref discours devant les employés du siège de Microsoft, à Redmond, dans l’Etat de Washington.

Très ému lui aussi, Steve Ballmer a pris la parole pour raconter comment Bill Gates, qu’il avait connu à l’université de Harvard, lui avait transmis la passion qui l’animait. « Tu ne comprends pas, tu ne comprends pas, tu vas mettre un ordinateur sur chaque bureau et dans chaque maison, m’a dit Bill », a raconté le directeur général de Microsoft, en se souvenant qu’il avait failli démissionner au bout d’un mois. « Comment dire merci à Bill. Bill est le fondateur. Bill est le meneur. » Bill Gates conservera le titre de président non exécutif du conseil d’administration de Microsoft, mais il se consacrera désormais à sa fondation humanitaire. Sur le plan des fonctions, le départ de M. Gates, 52 ans, est surtout symbolique, dans la mesure où le troisième homme le plus riche du monde n’exerçait plus de responsabilités opérationnelles au sein de Microsoft. Après avoir cédé la direction générale à M. Ballmer en 2000, M. Gates avait déjà abandonné ses titres d’architecte en chef des logiciels et de patron de la recherche et de la stratégie en juin 2008, comme il s’y était engagé deux ans plus tôt. Le fondateur de Microsoft conservera d’ailleurs le seul mandat qui était encore sien, celui de président du conseil d’administration, même si sa présidence sera désormais non exécutive. Il reste également le premier actionnaire du groupe, avec environ 8,7% du capital. Mais l’influence de M. Gates était demeurée forte sur la stratégie du groupe, et son départ, pour se consacrer à sa fondation humanitaire est un tournant qui intervient alors que le groupe cherche à faire évoluer son modèle. Un modèle, essentiellement axé sur les logiciels payants, qui est de plus en plus nettement bousculé par la révolution internet. A la faveur de ce grand chamboulement, s’est développé celui qui se présente aujourd’hui comme son principal concurrent, le groupe Google. L’incursion de Microsoft dans les moteurs de recherche, spécialité de Google, par le biais de son portail MSN, a connu des résultats mitigés. Malgré des investissements colossaux, Microsoft reste ainsi très en retrait sur le plan des revenus tirés de la publicité en ligne, qui ont représenté, en 2007, un quart de ceux de Google.

L’éditeur de logiciels a tenté, en février, de reprendre la main en avalant le groupe internet Yahoo !, mettant sur la table 44,6 milliards de dollars. Mais Yahoo ! s’est refusé à Microsoft, malgré un prix jugé attractif par les analystes, préférant continuer seul sa route. Après avoir relevé son offre, Microsoft a choisi de renoncer. Provocateur, Yahoo ! a noué, dans la foulée, un vaste partenariat avec Google. Et alors que cette relation doit permettre à Google de renforcer son hégémonie sur la publicité, le groupe internet vient désormais chasser sur les terres historiques de Microsoft, en proposant des logiciels gratuits, similaires aux applications bureautiques vendues par le groupe de M. Gates. Les logiciels libres, notamment celui du groupe informatique IBM, Lotus Symphony, contestent également la position dominante de Microsoft, alors que la dernière version de son système d’exploitation Windows, Vista, a fait l’objet de vives critiques. Sorti fin 2006, Vista ne s’est écoulé qu’à 150 millions de licences, beaucoup d’entreprises préférant garder XP, la version précédente. Non seulement les nouveautés n’ont pas convaincu par rapport à Windows XP, mais Vista s’est révélé incompatible avec moult logiciels et périphériques. Autre facteur défavorable à Windows, l’insolente vigueur des ordinateurs MacIntosh d’Apple, seul fabricant de micro-ordinateurs n’utilisant pas les logiciels de Microsoft, ont vu leurs ventes grimper en flèche depuis un an et accru leur part du marché mondial à plus de 5%. Contesté par Apple, tout comme par Google, sur son cœur de métier, Microsoft a également échoué pour l’instant dans sa tentative de percée sur le marché des baladeurs musicaux, dominé par l’iPod d’Apple. Son baladeur Zune, lancé en novembre 2006, ne représentait que 4% du marché américain au premier trimestre, contre 71% pour l’iPod. Dans le domaine de l’électronique grand public, le groupe peut toutefois se satisfaire du succès de sa console de jeux XboX.

  par El Watan Multimédia