Algérie : amnistie ou auto-amnistie générale ?

Où en est-on avec les réformes promises, en 2011, par "tab djenanou" ?
En effet, après une concorde civile menée à la sauvette et une réconciliation nationale imposée à la hussarde, Abdelaziz Bouteflika ne devait-il pas mettre en œuvre une amnistie générale, dans le genre "aafa Allah aan ma salaf" ?

En tout état de cause, l'Histoire de notre pays retiendra qu'en 1999, un "petit bonhomme", dixit Cheb Khaled, aujourd'hui dans l'incapacité physique, mentale et morale d'assumer correctement ses lourdes fonctions, a été appelé au secours par un régime en crise cyclique pour le sauver de ses frasques et dérives suicidaires. Les cyniques diraient "le sauver de lui-même".

Ironie du sort, c'est ce présumé "sauveur" qui lui asséna le coup de grâce, à cause de sa cupidité et de sa folie du pouvoir.

Pour avoir une quelconque crédibilité, l'amnistie que Bouteflika et ses "hommes d'Etat" nous concoctent, à travers, leur réforme constitutionnelle, devrait au moins être enveloppée d'un minimum de bon sens et de logique. Or, c'est ce qui semble lui manquer le plus.

Un homme, imposé au peuple algérien, à quatre reprises, grâce à la force et à la fraude massive, violeur de Constitution et, selon le mouvement des Arouchs "responsable avec son ministre de l'Intérieur de la mort de 126 jeunes Kabyles", n'a aucune légitimité pour décréter une amnistie générale crédible. Ce serait le comble de la bêtise !

Pour sauver son clan, Bouteflika pourra, tout au plus, décréter une auto-amnistie générale suicidaire, qui plongera le pays dans le chaos.

Les "décideurs", c'est à dire le fameux "cabinet noir", que Bouteflika a convaincus de lui renouveler leur confiance en contrepartie de la promulgation d'une amnistie générale bancale, ont effectué un pari perdu d'avance car depuis le coup d'Etat constitutionnel de novembre 2008 et les mascarades électorales du 09 avril 2009 et du 17 avril 2014, cet homme ne jouit pratiquement d'aucun crédit sur les plans interne et externe.

En revanche, s'il avait promulgué la loi sur l'amnistie générale en respectant l'alternance au pouvoir, prévue dans la Constitution de novembre 1996, son initiative aurait été crédible. Mais il a préféré le chantage : "le mandat à vie sinon par d'amnistie générale".

Ce genre de calculs égoïstes dénote d'un degré d'irresponsabilité effarant et ne pourrait mener à plus ou moins courte échéance, qu'à l'impasse et à l'aggravation de la crise avec tous les risques qu'elle pourrait engendrer pour l'unité, la sécurité et la stabilité du pays et sa cohésion sociale.

Finalement, tel "l'arroseur arrosé" des frères Lumière, c'est plutôt Bouteflika et son clan de prédateurs, qui ont aujourd'hui besoin d'une amnistie pour tous les abus, méfaits et forfaits commis depuis 1999 et même avant.

Rabah Toubal

Le Matin

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