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Le patron de Cevital, hier, au forum d’”El Moudjahid”


Rebrab : “Je crois au génie algérien”

Rebrab : “Je crois au génie algérien”Il est du devoir de chaque opérateur d’apporter sa pierre à la construction de l’économie nationale.

L’Algérie recèle des potentialités économiques importantes pour son développement, a souligné, hier le président du conseil d’administration du groupe Cevital, invité du forum du journal El Moudjahid. “Très peu de pays au niveau du bassin méditerranéen ont les potentialités de l’Algérie”, affirme M. Issad Rebrab, en présence de l’ambassadrice, chef de délégation de la Commission européenne Mme Laura Baeza.

“Nous n’avons absolument aucun problème pour booster notre économie et connaître une croissance à deux chiffres”, a souligné le patron du groupe Cevital, qui avance tout de même cinq préalables.
M. Rebrab insiste tout d’abord sur la nécessité de libérer “les initiatives et les énergies”. Puis il enchaîne sur l’impératif de la gestion du temps. “Il ne faut jamais laisser au lendemain ce qui peut être fait le jour même. Si l’on doit rattraper notre retard par rapport aux autres pays développés, et c’est à notre portée, il faut gérer le temps”, souligne le patron de Cevital qui plaide aussi pour l’institutionnalisation du dialogue “entre les enfants de ce pays”, instaurer la concertation. “C’est extrêmement important”, indique M. Rebrab pour qui un décideur “ne peut pas prendre de bonne décision s’il n’a pas la bonne information”. Le quantième préalable avancé par le premier responsable du groupe Cevital, c’est de ne pas investir pour investir, mais d’investir dans des secteurs à forte valeur ajoutée et pour être compétitif sur le plan international. M. Rebrab estime que “depuis 1962 à aujourd’hui, il y eut beaucoup d’investissements, beaucoup de projets qui ont été réalisés dans notre pays. Mais on a investi uniquement pour couvrir les besoins du marché national et créer des emplois”. “C’est bien, seulement une entreprise qui n’est pas compétitive sur le plan international est vouée à l’échec, d’autant que notre pays n’est pas en retrait de l’ouverture sur le plan international et une entreprise qui n’est pas compétitive sur le plan international ne peut même pas défendre ses parts de marché sur le marché national”, explique-t-il. Enfin, le patron de Cevital milite “pour l’extirpation de la méfiance et l’instauration de la confiance entre les citoyens algériens”, estimant “qu’une organisation basée sur la méfiance est vouée à l’échec”. “Il est temps dans notre pays qu’on instaure la confiance, la concertation et le dialogue”, plaide M. Rebrab.

Comment peut-on créer des entreprises compétitives sur le plan international ?
“Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe dans le monde”, répond le patron de Cevital. D’abord, il faut produire des produits de qualité à des prix compétitifs. Pour produire des produits de qualité, il faut investir dans la dernière technologie. M. Rebrab estime que “le débat aujourd’hui sur le transfert des technologies est un faux problème. Aujourd’hui, les technologies s’achètent comme des marchandises”. Pour qu’une entreprise soit compétitive, ajoute le patron de Cevital, il faut voir grand et investir à une taille critique. “C’est en investissant dans une taille de dimension mondiale qu’on peut réduire les coûts”, précise-t-il. La compétitivité d’une entreprise dépend aussi du lieu d’implantation. Elle ne doit pas investir n’importe où. Une entreprise qui travaille à l’export doit être construite à côté d’infrastructures portuaires pour réduire les coûts de la logistique. “De grandes nations du Sud-Est asiatique et en Europe, avant de faire un projet, font le lit du projet. Elles construisent des plateformes logistiques pour être compétitives. Il ne faut jamais oublier le coût de la logistique”, souligne le patron de Cevital. Les pouvoirs publics doivent penser au développement des infrastructures portuaires et des centres de compétitivité.
À cause d’infrastructures portuaires, les opérateurs algériens payent les coûts de fret ou les frais de transport de marchandise sans compter les surestaries beaucoup plus chères que les pays qui ont des ports performants. Un conteneur qui part d’Amsterdam vers Singapour ou Hongkong coûte 500 dollars et le même conteneur qui vient sur 800 km, qui traverse seulement la Méditerranée, les Algériens le payent à 1 000 dollars. “Il faut investir dans des grands ports de dimension mondiale, performants, ce qui va rendre notre pays compétitif”, affirme le patron de Cevital. Parmi les paramètres qui renforcent la compétitivité d’une entreprise, M. Rebrab évoque la formation et la transparence : “Une entreprise transparente n’a aucun problème pour accéder au financement, local ou international.” Le patron de Cevital insiste : “L’Algérie a beaucoup de forces et de potentialités. Notre pays a beaucoup de ressources que des pays nous envient. Il suffit de libérer les initiatives.”

Le patron de Cevital favorable aux mesures de la LFC-2009
Concernant la loi de finances complémentaire, le patron de Cevital s’est montré favorable aux mesures décidées par le gouvernement. En synthèse, a-t-il, dit, la loi réunit trois mesures essentielles : la suppression des crédits à la consommation, un contrôle plus attentif des paiements extérieurs et un train de mesures visant à encourager la production nationale. “Qui peut dire aujourd’hui qu’il est contre un train de mesures visant à encourager la production nationale ?” s’interroge M. Rebrab en interpellant l’assistance. “Je ne crois pas qu’il y ait un opérateur économique qui soit contre”, estime-t-il, affirmant que le salut de l’Algérie “est dans l’encouragement de la production nationale, dans la substitution au maximum des importations par la production nationale. C’est penser demain à l’après-pétrole”. Le patron de Cevital justifie la suppression du crédit à la consommation par l’emballement des importations. “Il est vrai que quand le pétrole était à 140 dollars le baril, les pouvoirs publics étaient plus larges. Mais avec la crise mondiale, chaque pays a essayé de trouver une solution pour son économie qu’on peut appeler patriotisme économique. Les pouvoirs publics algériens ont dit : attention, notre facture des importations a beaucoup augmenté et nos exportations ont diminué”, explique M. Rebrab, estimant que les pouvoirs publics n’ont pas voulu retomber dans les erreurs commises durant les années 80, du temps du Programme antipénurie (PAP), au cours duquel l’Algérie a dépensé sans compter pour se retrouver quelques années en cessation de paiement. “Les pouvoirs publics ne veulent pas revenir à une telle situation. Il faut les comprendre. Ils doivent gérer le pays du point de vue macroéconomique”, affirme le responsable de Cevital, soulignant que “si c’était les crédits destinés aux produits locaux, les pouvoirs publics auraient peut-être réfléchi autrement. Mais il s’agit des produits de consommation d’importation. Il est évident que par la suppression des crédits à la consommation, les pouvoirs publics ont voulu réduire les importations”. Et quand on réduit les importations, les ressources qui proviennent des hydrocarbures sont réinvesties dans la production nationale et dans la création d’emplois. En tant qu’opérateur économique, Issad Rebrab considère que “c’est une bonne chose”. Quant au crédit documentaire, le patron de Cevital explique que c’est un mode de paiement naturel au niveau international. Il garantit le fournisseur et l’acheteur. “Quand vous passez votre commande chez votre fournisseur, vous lui ouvrez une lettre de crédit, dans laquelle il est spécifié la quantité, le prix et la qualité. Si le fournisseur expédie une marchandise qui ne répond pas aux spécifications convenues, il ne peut pas être payé”, précise-t-il. M. Rebrab dit comprendre “ses confrères” qui mettent en avant le fait que leurs fournisseurs leur accordent des facilités de paiement de 90 jours. “L’une n’empêche pas l’autre. Vous pouvez à travers le crédit documentaire avoir un crédit de 90 jours de votre fournisseur et de votre banque locale. La seule chose dans le cadre du crédit documentaire, vous devez être un client sérieux et bancable”, affirme le responsable de Cevital. M. Rebrab indique, avant même la loi de finances complémentaire, que 99,99% des opérations de Cevital sont faites en crédit documentaire. “Pour nous, c’est un instrument tout à fait normal. Et cela ne nous a pas gênés. Ce n’est pas ça qui va empêcher l’entreprise algérienne de se développer”, a-t-il ajouté.

Le groupe cevital a créé cette année 4 100 postes de travail
“Cevital n’a absolument rien obtenu comme largesses des pouvoirs publics”, souligne le patron de Cevital, indiquant que la compétitivité du groupe s’explique par le fait que le groupe investit la quasi-totalité de ses résultats. Sur la création de richesses de 100 dinars, globalement 59% partent au budget de l’État sous forme d’IBS, de TAP, d’IRG, de TVA et de droits de douane. En 1999, la contribution de Cevital au budget de l’État était de 2,5 milliards de dinars par an. À fin 2008, la contribution au budget de l’État du groupe est passée à 35 milliards de dinars par an. “C’est notre devoir de participer au budget de l’État”, indique
M. Rebrab. Sur les 41% restants, 40% sont réinvestis ; seulement 1% est distribué comme dividendes aux actionnaires depuis la création de Cevital. “Le groupe a toujours investi dans les dernières technologies, nous suivons constamment l’évolution du marché sur le plan international, nous avons toujours investi dans des secteurs porteurs à forte valeur ajoutée, non seulement pour couvrir le complément des besoins nationaux, mais aussi pour dégager des excédents à l’exportation”, raconte M. Rebrab. Cevital a investi dans des tailles critiques qui ont permis au groupe d’avoir des produits de qualité et compétitifs.
M. Rebrab souligne que le groupe s’inscrit dans le programme du président de la République. “Nous rentrons directement dans le programme du président de la République. Que nous demande le président de la République en tant qu’opérateurs économiques ? Il nous dit de créer de l’emploi. C’est ce que nous faisons. Il nous dit de développer l’économie nationale et de dégager des exportations hors hydrocarbures. C’est ce que nous faisons. Il nous dit de créer des richesses et de participer au budget de l’État, c’est ce que nous faisons”, indique-t-il. Cevital a créé l’année dernière
2 000 emplois. Cette année, le groupe a créé plus de 4 100 postes de travail. Cevital, dans le secteur qu’il choisit, produit pour le marché national des produits de qualité et compétitifs :
“Nous en sommes fiers. Nous n’avons pas de patrie de rechange.”

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